Apocalypse : Introduction 1, l’auteur (Jean)

Apocalypse : Introduction 1, l’auteur (Jean)

Prédication de Michel Bohrer, 2014_04_04, église AB Vevey

titre: Apocalypse : Introduction 1, l’auteur (Jean) , (écoutez/visualiser ci-dessus).

Résumé : Survol du livre d’Apocalypse. étude sur l’auteur (Jean) et les témoignages internes et externes sur l’auteur.

L’auteur


L’auteur de ce livre est Jean (1.2,4,9 ; 22.8). Il est « serviteur » du Seigneur et des sept églises auxquelles il s’adresse. Il « a part aux tribulations » avec ses frères. Il est « prophète ». Comme « ancien » (2 Jean 1 et 3 Jean l) il es connu aimé, estimé et écouté par les sept églises. Il s’agit de l’apôtre Jean, frère de Jacques et fils de Zébédée (Marc 1.19-20). Probablement pêcheur, il travaillait dans l’entreprise de son père (Mat 4.21-22 ). Touché par le témoignage de Jean-Baptiste, il suivit Jésus (Jean l). Il était le disciple que Jésus aimait (Jean 13.23  ; 20.2 ; 21.7,20), donc un ami intime du Seigneur. Comme tel, il montrait un grand intérêt “aux choses qui devaient arriver” pour aboutir è la pleine révélation de Jésus-Christ, le Messie, lors de sa venue en gloire sur la terre (Jean 16.13  ; Apoc 1.19 ) Il devait certainement se souvenir de la scène exceptionnelle sur la montagne de la transfiguration (Mat 17.1-8 ), lorsqu’il rédigeait l’Apocalypse.
Jean dont le nom est mentionné trois fois dans les Actes (3.1,4 ; 4.13 ; 8.14), était une des principales figures parmi les frères responsables de l’église de Jérusalem. Il avait un caractère passionné et un nom è propos (« fils de tonnerre », Marc 3.17 ). Ces traits ressortent dans le récit en Luc 9.51-56 , lorsqu’il voulait faire descendre le feu sur des gens en Samarie qui refusaient de suivre Jésus. L’Apocalypse présente les mêmes caractéristiques dans la description des jugements sévères qui seront la part des méchants, mais avec la différence que cette fois-ci Jean est inspiré par le St. Esprit indiquant que le temps de grâce aura passé alors.


Selon la tradition, Jean termina sa carrière chrétienne à Ephèse, où il mourut sous Trajan entre 98 et 117. Ce séjour semblait avoir été interrompu par son exil à Patmos où probablement il écrivit l’Apocalypse en 95.


Témoignages externes


Les pères de l’église attribuent l’Apocalypse unanimement à l’apôtre Jean. Justin martyr devenu chrétien en 133, écrivit dans son « Dialogue avec Tryphon » (156-160) : « Un certain homme, parmi nous, dont le nom était Jean, un des apôtres de Jésus-Christ, prophétisait dans une révélation faite à lui ».
Irénée, disciple de Polycarpe, (130-185), cite souvent dans son traité « Contre les hérésies » l’Apocalypse comme « l’oeuvre d’un disciple du Seigneur ». Il connaissait des frères qui avaient vu Jean (Justin martyr et Papias, p.ex.).
Papias fut cité par André, évêque de Césarée au 6e siècle et par Eusèbe de la même ville (265-339) au sujet de l’Apocalypse et de son auteur. Si Papias avait, eu une autre idée, Eusèbe n’aurait pas manqué de le relever, puisqu’il cherchait è tout prix à établir la non-apostolicité de ce livre. Méliton (170), Théophile (180), Tertullien (200), Hyppolyte (env. 240), Oriqène (233) et Clément d’Alexandrie (145-220) confirment tous l’apostolicité de l’Apocalypse.
Un peu plus tard, Athanase et Augustin attribuent ce livre aussi à l’apôtre Jean.
L’apostolicité de l’Apocalypse faisait l’objet de l’unanimité de l’église jusqu’au milieu du 3e siècle. Dès l’an 200, l’école d’Alexandrie manifesta une nette tendance. Antichiliaste sous l’influence de la philosophie grecque.
Dionyse d’Alexandrie (264), élève d’Origène, était le premier à vraiment contester l’apostolicité de ce livre, se basant sur « le dialecte et le langage qui ne sont pas un bon grec, mais.., des idiomes barbares et à plusieurs places des solécismes, ce qui n’est pas nécessaire » (Walvoord, p. 11). Il l’attribue en conséquence à un autre Jean d’Asie, mais cette assertion s’évanouit si l’on tient compte des expressions hébraïques qui se couvrent avec celles de l’A.T., notamment celles de Daniel, Ezéchiel, Zacharie.
La critique moderne réfute cet argument, car le langage particulier de Jean n’est pas dû à son ignorance, mais à l’inspiration du St-Esprit qui voulait parachever les desseins de Dieu à travers la plume de Jean. Ainsi, la prophétie de l’A.T. trouvera son accomplissement en Jésus-Christ dans ce dernier livre. Dionyse se base aussi sur le récit d’un voyageur concernant les deux tombes de Jean à Ephèse, mais son argumentation n’inspire pas confiance, car rien n’est plus facile d’inventer une seconde tombe lorsque l’opportunité lexique, Cela s’était déjà produit lors des multiplications de reliques au cours des siècles, Ce témoignage est flou et subjectif et ne provient que du troisième siècle,
Marcion (140), hérétique excommunié en 144 de la communauté orthodoxe à Rome pour ses idées erronées, rejetait l’Apoca1 ypse ainsi que tous les écrits néo-testamentaires, sauf les 10 Épîtres pauliniennes et l’Évangile de Luc. Il enseignait que le Dieu de l’A.T., le « démiurge » (dieu créateur selon la philosophie platonicienne) était un être inférieur par rapport au Père de Jésus.
Les Alogis, surnommés ainsi par Épiphane à cause de leur opposition à la doctrine de Jean, « Le Logos », rejetaient l’Apocalypse et l’Évangile de Jean. Cela se situe autour de l’an 175. Ce groupe s’opposait surtout aux Montanistes qui enseignaient le millénium et l’effusion du St. Esprit. Ils rejetaient l’Apocalypse en l’attribuant à Cérinthe, également hérétique (gnostique), vivant vers 100 en Asie mineure. Mais cette assertion est dénuée de tout fondement historique et logique.


Témoignages internes

  1. Qui d’autre que l’apôtre Jean aurait pu connaître si bien les sept églises ? Qui d’autre que lui aurait pu être connu, estimé, écouté par ces églises ? Ce grand apôtre n’avait certainement pas besoin d’user de ce titre pour faire passer son autorité.
  2. Il diffère des auteurs pseudépigraphiques qui s’attribuaient des noms de personnages bibliques remontant à une époque antérieure, tels que « l’ascension d’Ésaïe » ou « le livre d’Enoch ». Jean a le courage de publier son propre nom en affirmant son ministère de « prophète » et « d’apôtre » (22.6-9,18), le Saint-Esprit lui révélant « les choses qui vont arriver » (Jean 16.13 ). C’est une projection vers le futur l’accomplissement des prophéties de l’A.T. par les jugements, par l’établissement du royaume terrestre, par le jugement dernier et par l’état éternel, En cela les écrits apocalyptiques extra-bibliques diffèrent foncièrement.
  3. L’Apocalypse contient des expressions et des idées communes aux autres écrits de Jean, ce qui renforce la conviction de l’identité de l’apôtre, auteur de l’Apocalypse à celui de 1’Evangile de Jean. En voici quelques exemples :

Le mot « Logos » se référant à Christ est employé uniquement par Jean (Jean 1.1  ; Apoc 19.13 ).

Le mot « l’Agneau » (« arnion » se trouve seulement dans l’Apocalypse (5.6,8,10,12,13 ; 6.l,l6 ; 12.11 ; l3.8,11 ; 14.1,10,4 ; 15.3 ; 17.4 ; 19.7,9 ; 21.9,14,22,23,27). Dans Jean, le mot grec est « amnos » (1.26,29) et désigne aussi Jésus-Christ.

« Fontaine », « eau vive » (Jean 4.10 ,14 ; 7.38 – Apoc 7. l7 ; 2l.6 ; 22.17)

« Berger » (Jean 10.1  ; 21.16 – Apoc.7.17)

« Temple » (Jean 4-2 l – Apoc 2 l:22)

« Tout oeil le verra” (Jean 19.37 Apoc 1.7 , cit. Zach 12.10 )

Allusion à la manne (Jean.6.31 – Apoc 2.17 )

« Véritable » (Alethinos) (Jean 1.9  ; 4.23,37 – Apoc 3.7 ,14 ; 6.10 ; l5.3 ; 6.32; 7.28; 15.1; l6.7 ; 19.2,9,11 ; 21.5,6)
17.3 ; 19.35

« Témoignage » (martyria) (Jean 1.7  ;3.11,32,33 – Apoc 1.2 ,9 ; 6.9 ; 11.7 ;
5.31,32,34,36 ; 8.13 12.11 ; 12.17 ; 19.10 ; 19.35 ; 20.40)
4 fois dans 1 Jean)

« Vaincre » (nikao) (Jean 16.33  ; – Apoc 2.7 ,11,17,26 ;
1 Jean 2.13 ,14 ; 3.5,12,21 ; 6.2 ; 11.7 ;
1 Jean 4.4  ; 5.4,5 ; 12.11 ; 13.7 ; 15.2 ;
17.14 ; 21.7)

« garder les commandements (Jean 14.15  ; Apoc 12.17  ;
1 Jean 3.24
Jean a une prédilection pour les antithèses : lumière – ténèbres ; vérité – erreur ; puissance de Dieu – puissance de Satan ; salut éternel – peines éternelles, etc.
Austin Farrar écrivit que « derrière toute la littérature johannique, il y a une identité de rythme (Guthrie, p. 940).
Wettstein et Lardner ont trouvé au moins 40 textes dans l’Apocalypse, contenant des éléments identiques à ceux dans l’Évangile de Jean.
Les particularités linguistiques ne sont pas une preuve suffisante pour rejeter l’identité de l’auteur de ce Livre avec celui des autres écrits de Jean. Il écrivit : « sans perte de lucidité ou de puissance littéraire, le Livre semble défier ouvertement et délibérément les grammairiens, et même comme littérature, il est insurpassable dans son propre champ » (Swete page CXX).
Comme déjà dit, Dionyse reprochait à l’auteur de ce livre un grec incorrect. Selon lui, ce n’était pas le même Jean que celui qui rédigeait l’Évangile de Jean. Différentes réponses ont été proposées quant à ces irrégularités linguistiques.
Westcott pense que l’Apocalypse avait été écrite au moins 20 ans avant celui de l’Évangile de Jean. Cela lui aurait permis d’améliorer son grec pour écrire l’Evangile. Mais, l’emploi de formes correctes et incorrectes souvent amalgamées semble bien être dû à un choix délibéré.
Une autre théorie est celle que l’Apocalypse aurait été mise au propre par Jean tandis que son Évangile aurait été achevé avec la collaboration d’un excellent connaisseur du grec, ce qui laisserait à l’ap8tr Jean la qualité d’auteur de ces deux écrits.
En dépit des différences linguistiques et grammaticales, l’Apocalypse a finalement plus d’affinités avec les écrits de Jean qu’avec aucun autre livre du N.T.
L’élément théologique y est également pour contester à Jean l’attribution de l’Apocalypse et de son Evangile. mais il est évident que le dernier livre présente Dieu et Jésus-Christ sous un aspect où Sa justice triomphe dans un équilibre parfait par rapport à Son amour. Cela cadre parfaitement avec Ses desseins éternels. L’amour de Dieu (Évangile de Jean) a été manifesté en Jésus-Christ, le Sauveur, tandis que Sa justice éclatera en Jésus-Christ, le Juge (Apocalypse). Ces deux écrits se complètent donc harmonieusement.
Certaines difficultés historiques se présentent également. Irénée disait que Jean subit le martyr avec son frère Jacques sous Agrippa I, en 44. Si tel était le cas, il ne serait ni l’auteur de l’Évangile ni de l’Apocalypse. Ce problème est lié à celui des deux Jean à Ephèse. S’il n’y avait eu qu’un Jean et qu’il n’était pas l’apôtre (puisqu’il était mort selon Irénée), celui de Patmos devait donc être l’autre Jean. Si, par contre, il devait y avoir eu deux Jean à Ephèse, l’assertion d’Irénée doit être fausse.
On dit aussi que Jean aurait été trop âgé pour avoir écrit un tel livre à la fin du premier siècle, ceci à cause de la diminution de ses facultés mentales. Pourtant, George Bernard Shaw a bien pu écrire encore à 90 ans. A combien plus forte raison un écrivain inspiré per le St. Esprit


Théories d’autres auteurs


Jean l’Ancien


On cite volontiers une phrase de Papias qui parle de « Jean l’ancien », mais Papias aurait-il volontairement induit en erreur ses lecteurs en attribuant ce titre à un autre Jean à Ephèse? N’aurait-il pas produit de la confusion dans l’esprit des premiers chrétiens qui avaient connu Jean ?
Un Pseudonyne
Personne n’aurait osé, au temps des apôtres et quelques années après, s’attribuer le nom de Jean sans avoir été rejeté par l’église primitive.


Jean-Marc


Dionyse évoquait cette possibilité, puis il a congédia de nouveau à cause de l’évidence- du témoignage historique. D’autre part, marc ne donne pas l’impression d’avoir été l’auteur de l’Apocalypse, ses qualités se situant sur un autre plan spirituel.
En conclusion, nous pouvons citer E. Stauffer (par Léon Morris, p. 33), « Ces 3 principaux écrits johanniques ne sont pas seulement liés en style, ils sont aussi liés en théologie, et ils forment avec 2 et 3 Jean un groupe individuel d’écrits qui ressort clairement du reste de la littérature de l’église primitive. Vu tout cela, nous sommes suffisamment fondés pour attribuer ces 5 écrits à un auteur commun d’une individualité remarquable et d’une grande signification et de l’attribuer à l’apôtre Jean ».


Différents passages semblent décrire le conflit s’accentuant entre 1’Église et l’empire Romain avec ses Césars. Bien que primairement prophétiques dans leur interprétation, beaucoup de passages font réellement allusion aux différentes tribulations des chrétiens auxquels s’adressait l’apôtre. Ainsi, la bête (13.4,15 ; 14.9-11 ; 15.2 ; 16.2 ; 19:20 ; 20.4,17) semble personnifier l’empire Romain avec son chef, où la première persécution générale pourrait s’insérer dans la période domitienne. Aussi, le culte de l’empereur fut-il à nouveau renforcé. En effet, déjà Jules César revendiquait les honneurs divins. Auguste fit ériger des temples en son honneur et à celui de Rome. Caligula exigea l’adoration universelle de sa propre statue qu’il voulait faire placer dans le temple de Jérusalem. mais, il mourut prématurément, assassiné, et ce plan ne fut jamais exécuté. Néron chercha simplement un bouc émissaire après l’incendie de Rome. Vespasien et Tite son fils étaient des hommes pratiques et ne développaient guère le culte de leur personne ; Avec Domitien, l’exaltation de la personne de l’empereur fut mis en relief, tandis que Trajan l’avait considérablement renforcé.


Eusèbe mentionne la persécution sous Domitien. Il fit aussi ériger un nouveau temple de César à Ephèse voué au culte de sa personne, ce qui explique les persécutions en Asie mineure. Ainsi, Jean semble avoir été exilé à l’île de Patmos, Antipas avait subi le martyr à Smyrne, où sévissait une persécution générale (1.9 ; 2.9-13), Jean fait état d’une détérioration dans les églises d’Éphèse, de Thyatire, de Sardes, de Pergame et de Laodicée. Or, pour arriver à un pareil état de choses, il devait se passer un certain laps de temps, si bien que la rédaction de ces lettres serait prématurée sous Néron. D’autre part, l’église de Smyrne n’avait pas encore existé avant 60 – 64 selon un écrit de Polycarpe qui rapporte que les chrétiens de cette ville ne connaissaient pas le Seigneur lorsque Paul écrivit sa lettre aux Philippiens (63) et Charles, p.ex., exclut une rédaction avant 75 (Guthrie, p. 955). L’apôtre Jean s’est-il servi des Évangiles de Matthieu et de Luc ? Charles fait un rapprochement entre l’Apocalypse et ces Évangiles (Apoc l.3 – Mat 26:18  ; Apoc 1. l6 – Mat 17.2  ; Apoc 1.3  – Luc 11.28  ; Apoc 6.17  – Luc 21.36 , etc.) (Guthrie p.956)

Liens Connexes

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Prédicateur: Michel Bohrer