Introduction
Que signifie être qualifié (e) dans la société occidentale et comment y parvenir ?
Bien sûr, il faut avoir des diplômes ou des aptitudes reconnues.
Cela passe par une formation initiale que sont les études, en vue d’obtenir des diplômes. Mais puisque le diplôme seul ne suffit pas souvent, il faut y ajouter de l’expérience pratique et enfin, ne pas perdre de vue la formation continue dans le but de se perfectionner et d’évoluer avec les nouvelles technologies…
C’est un parcours assez long et parsemé de défis.
Je pense que si chacun de vous devait raconter les défis qu’il a rencontrés ou ceux qu’il rencontre encore aujourd’hui dans sa vie professionnelle, nous risquerons de passer toute la journée ici. Je vous rassure, ce n’est pas le but.
Dans notre texte du jour, nous verrons que Jésus aussi a dû passer par une qualification.
Elle est bien sur différente de la nôtre, mais ça ne reste pas moins une période de formation pour le Seigneur qui bien sûr, devait aussi se qualifier.
C’est la suite de notre série sur l’épitre aux Hébreux.
Lecture biblique : Hébreux 2.10-18
Titre : Jésus a été parfaitement qualifié afin de nous offrir un salut parfait.
Je vais donc parler de ces deux choses : une qualification parfaite et, un salut parfait.
Au verset 10 nous voyons que Jésus a reçu une qualification parfaite de la part de Dieu le Père, Celui pour qui et par qui toute chose existe.
Pourquoi le Père a-t-Il voulu qualifier ainsi le Fils ?
La réponse se trouve toujours au verset 10 : c’est afin qu’Il conduise à la gloire beaucoup d’autres fils.
Le terme ‘conduire à la gloire’ renvoie à la glorification : c’est l’étape finale du salut des croyants.
La Bible enseigne que c’est au retour de Jésus que les chrétiens seront glorifiés : ils vont revenir à la vie dans un nouveau corps.
C’est ce que Paul appelle dans l’épitre aux Romains, la ‘révélation des fils de Dieu’. (Rm 8.18-21)
C’est un moment que la création elle-même attend avec un ardent désir car elle pourra aussi être libérée de l’esclavage du péché.
La glorification des croyants est le moment ultime de tout le processus du salut :
L’auteur de l’épitre aux Hébreux nous dit donc que Dieu veut conduire à la gloire beaucoup de fils et pour cela, Il a qualifié parfaitement Celui-là même qui est considéré comme le Fils unique de Dieu.
Ce Fils unique, c’est Jésus. Il est Fils unique car de tous les autres fils que Dieu le Père pourrait avoir, Jésus est Le seul qui partage son intimité dans la divinité.
Hébreux 1 nous disait que le Fils est héritier de toute chose et que c’est par Lui que l’univers a été créée.
Dieu veut donc nous glorifiés afin que nous soyons aussi Ses fils. Mais pour cela Il Lui a fallu d’abord former l’unique Fils afin qu’Il accomplisse cette mission.
Toutefois, cette formation n’a pas été facile, bien au contraire !
Vous serez d’accord avec moi que les formations militaires font partie des formations les plus difficiles au monde.
En Colombie par exemple, il y a ce qu’ils appellent le ‘Stage Lancero’
Dans ces genres de formation, le taux d’échec est très élevé car le corps souffre énormément.
Notre texte de ce matin nous dit que Jésus a été parfaitement qualifié par des souffrances.
Voilà ce qu’Il devait recevoir comme formation afin de pouvoir nous sauver : être parfaitement qualifié par des souffrances.
La toute première étape de sa formation a été de devenir comme nous, c’est-à-dire de prendre une forme humaine.
Dit comme cela, ça parait banal. Pourtant il y avait déjà un prix à payer : Jésus devait accepter son abaissement. Il quittait la gloire divine pour devenir un simple humain, se plaçant de ce fait au-dessous des anges…
La 2e étape était le rejet, la souffrance et l’humiliation jusqu’à la mort sur la croix.
Pour nous sanctifier (nous rendre saints, sans péché) Jésus devait avoir la même origine que nous (v11).
Et c’est magnifique de lire qu’Il n’a pas honte de nous appeler ‘Ses frères’
Je vais prendre un exemple un peu extrême et délicat, mais imaginez que vous ayez un animal de compagnie.
Un jour, il vous désobéit et se met dans une situation de mort où le seul moyen pour vous de le sauver c’est tout d’abord de devenir comme lui : avoir la même nature que lui.
Vous changer alors de nature et vous n’avez pas honte de considérer désormais votre animal comme votre frère.
Comme dit, c’est un peu extrême. Nous n’étions pas des animaux de Jésus. Toutefois, nous n’avions pas la même nature que Lui.
Le fait qu’Il se rabaisse à notre nature aurait pu être tellement humiliant. Mais Lui, Il n’a pas honte de nous appeler Ses frères.
L’auteur de l’épitre cite ici le Ps 22.23 quand il dit : « j’annoncerai ton nom à mes frères… »
Le verset 13 est aussi une citation de l’AT. On la trouve dans le livre d’Esaie au chapitre 8, les versets 17-18 : « Je me confie en Lui…Me voici, moi et les enfants que l’Eternel m’a donné. »
Dans une période où Israël s’éloignait de Dieu, Esaie déclarait que lui au moins, allait rester ferme dans sa foi, avec ceux du peuple qui avaient aussi écouté les avertissements de Dieu et qui avaient placé leur confiance en Lui.
L’auteur de l’épitre aux Hébreux attribue cette prophétie à Jésus, qui se tient devant le Père avec tous ceux et toutes celles qui ont placé leur confiance en Son œuvre.
Mais Jésus ne fait pas que se tenir avec les ‘enfants de Dieu’, Il partage leur condition humaine puisqu’Il s’est aussi fait homme.
Et c’est cela qui Lui a permis par Sa mort, de vaincre le diable, comme nous le dit le verset 14.
C’est au moyen de Ses souffrances et de Sa mort, que Jésus nous sanctifie.
C’est par elles, qu’Il enlève notre péché et nous donne Sa justice. Il nous rend alors capables de marcher à Sa suite dans l’obéissance en dépit des épreuves qui peuvent aussi surgir dans notre vie.
Jésus, parfaitement qualifié par Ses souffrances jusqu’à la mort, devient vainqueur du diable qui est le prince même de la mort.
La mort dans laquelle est emprisonnée tous ceux qui ne connaissent pas Jésus n’est pas seulement la destruction du corps mais aussi la ruine de l’âme.
Personne ne peut se délivrer par Lui-même. C’est seulement Jésus qui peut le faire pour nous en acceptant d’être parfaitement qualifié par des souffrances jusqu’à la croix.
Une parfaite qualification, pour un salut parfait.
Jésus a été parfaitement qualifié afin de nous offrir un salut parfait.
Et dans ce salut parfait, il y a la libération de la peur de la mort, comme nous dit le verset 15 : « Il libère tous ceux que la peur de la mort retenait leur vie durant dans l’esclavage. »
Si nous sommes en Christ, nous n’avons plus besoin de craindre la mort.
C’est la raison pour laquelle l’apôtre Paul pouvait dire aux Philippiens : « Christ est ma vie et mourir représente un gain (donc un avantage) », (Ph 1.21)
Il savait que Christ manifestera sa grandeur dans son corps, soit par sa vie, soit par sa mort.
Voici un message d’espérance pour tous ceux qui souffrent de thanatophobie (la peur de la mort) : Jésus vous a libéré pour une espérance nouvelle, pour une vie éternelle !
Et comment l’a-t-Il fait ? : Par sa mort et sa résurrection.
Avec Jésus, la mort physique n’est donc pas la fin mais le début d’une merveilleuse nouvelle vie où plus rien ne pourra encore nous nuire !
Si Jésus était venu sauver des anges, il n’aurait pas fallu qu’Il devienne un être-humain.
Mais puisqu’Il venait pour nous, Il a dû prendre un corps humain.
C’est ce qu’explique le verset 16 : « assurément, ce n’est pas à des anges qu’il vient en aide, mais bien à la descendance d’Abraham. »
L’auteur mentionne Abraham parce qu’il s’adresse à ses descendants. Dieu a voulu que par la descendance du patriarche, nous qui étions loin, nous ayons aussi accès au salut.
C’est encore Paul qui le formule si merveilleusement quand il déclare aux Ephésiens : « Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang de Christ. » Ep 2.13
Jésus a donc dû devenir semblable en tout aux hommes afin de pouvoir nous sauver comme le souligne le verset 17.
Mais il y a une exception, une seule : Il n’a jamais fait de péché et le péché ne pouvait pas le toucher si ce n’est qu’Il a accepté de porter les nôtres sur la croix.
C’est la souffrance de Christ dans son corps humain qui fait de Lui un grand-prêtre ou dans d’autres version, un souverain sacrificateur sans égal.
Les critères principaux qui Le distinguent de tous les autres souverains sacrificateurs qui faisaient l’expiation du péché du peuple, c’est que Jésus est devenu par ses souffrances et sa mort, un Souverain Sacrificateur rempli de ‘compassion’ et qu’Il est ‘fidèle’.
Compassion et miséricorde sont souvent synonymes dans la Bible.
Qu’est-ce que la miséricorde ?
Quelqu’un a réfléchi à comment expliquer le mot ‘miséricorde’ aux enfants. Il a décidé de diviser le mot en deux : miser et corde : Il en a donc conclu que la miséricorde c’est Dieu qui nous lance une corde, dans notre misère.
Dieu voit notre souffrance et Il vient à notre secours. Cette explication est juste et l’image à laquelle elle renvoie est assez forte.
Et c’est merveilleux de lire que Jésus est devenu un Souverain Sacrificateur rempli de compassion ou de miséricorde.
Avant même sa mort, le ministère de Jésus était caractérisé par la miséricorde. On lit par exemple dans Matthieu qu’à la vue des foules, il fut rempli de compassion pour elles, car elles étaient blessées et abattues, comme des brebis qui n’ont pas de berger. (Mt 9.36)
Cette compassion s’est d’autant plus amplifiée à travers les souffrances et la croix par lesquelles le Seigneur a dû passer pour nous.
Mais Jésus n’est pas seulement un Souverain Sacrificateur rempli de compassion, Il est aussi Fidèle.
Cela signifie que nous pouvons Lui faire confiance : Il ne lâchera jamais la corde qu’Il nous a tendue.
Il est passé par là où nous passons.
Comme nous dit le texte, Il a souffert Lui-même quand Il a été tenté.
Dans les Evangiles, Matthieu, Marc et Luc nous relatent 40 jours durant lesquels Jésus a été éprouvé par le diable dans le désert. C’était juste après son baptême.
Ce n’est donc pas Dieu qui nous tente mais Satan qui cherche constamment à nous pousser vers le mal.
Notre propre chair est aussi une source redoutable de tentation. C’est pourquoi nous lisons dans l’épitre de Jacques : « chacun est tenté quand il est attiré et entraîné par ses propres désirs. Puis le désir, lorsqu’il est encouragé, donne naissance au péché et le péché, parvenu à son plein développement, a pour fruit la mort. » Jaques 1.14-15
Cependant, Dieu ne permet pas que nous soyons tentés au-delà de notre force.
Et n’oublions pas que Jésus est passé par tout cela sans jamais pécher. Il a accompli un salut parfait pour nous.
Il est rempli de miséricorde et Il est fidèle pour veiller et prier pour nous quand les choses vont mal.
Accrochons-nous alors solidement à Lui. Il ne nous abandonnera jamais.
Il nous soutien dans la souffrance et même la mort ne peut plus nous effrayer car Jésus nous a offert un salut parfait. Il nous a offert une nouvelle vie pour l’éternité, dans la gloire de Dieu.
Conclusion
Alors qu’être qualifié signifierait pour nous le fait de ‘monter en grade’, la qualification parfaite de Christ a consisté à emprunter le chemin opposé : Pour être parfaitement qualifié, Christ devait totalement baisser en grade en acceptant non seulement notre humanité mais aussi toute l’humiliation et toute la souffrance qui allait avec, y compris l’humiliation de la mort sur la croix.
Cependant, il n’y a rien à ajouter à son œuvre : Il a accompli un travail parfait. Il nous a offert un salut parfait qui ne manque de rien et qui nous conduira dans l’éternité.
Par son œuvre, nous avons désormais le même Père que Lui et Il n’a pas honte de nous appeler ses frères !
Tout ce qu’Il nous demande c’est : ‘croyez en moi’.
Applications
Souvenons-nous que Celui qui est venu nous sauver ne grimpait pas les échelons mais qu’Il a dû les descendre au plus bas.
Ce qui aurait été une honte pour nous, Lui, le Fils de Dieu, Il l’a fait à notre place.
C’est donc avant toute chose, nous rappeler combien nous devons Lui être reconnaissant mais aussi combien nous devons vivre dans l’humilité.
C’est là aussi l’assurance et la paix que nous avons reçue de notre Sauveur et Seigneur.
Jésus a dû nous ressembler avant de mourir pour nous afin que par sa résurrection nous puissions aussi Lui ressembler quand Il nous ramènera à la vie.
Que pouvons-nous faire si ce n’est de nous rappeler ces vérités, vivre dans la reconnaissance, refuser la peur de la mort et attendre avec joie que notre Sauveur revienne nous chercher tout en priant pour tous ceux qui n’ont pas encore cette espérance.